Glory Box, le site des filles bien
Bienvenue sur GLORY BOX, le forum des filles bien.

Afin de profiter pleinement de tout ce que vous offre GLORY BOX, merci de vous identifier si vous êtes déjà membre ou de rejoindre notre communauté si vous ne l'êtes pas encore.

Bienvenue parmi nous !


Derniers sujets

Tes extraits de livres préférés

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Tes extraits de livres préférés

Message par Adalie le 02.06.09 18:56

Tout est dans le titre... Smile


Dernière édition par Adalie-Dolente. le 20.07.09 19:10, édité 1 fois

Adalie
Ex-membre des comités
Ex-membre des comités


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Artefact. le 02.06.09 20:07

J'aime l'humanité, mais, à ma grande surprise, plus j'aime l'humanité en général, moins j'aime les gens en particulier, comme individus. J'ai plus d'une fois rêvé passionnément de servir l'humanité, et peut être fussé-je vraiment monté au calvaire pour mes semblables, s'il l'avait fallu, alors que je ne puis vivre avec personne deux jours de suite dans la même chambre, je le sais par expérience.

Dès que je sens quelqu'un près de moi, sa personnalité opprime mon amour propre et gêne ma liberté. En vingt quatre heures je puis même prendre en grippe les meilleures gens : L'un parce qu'il reste trop longtemps à table, un autre parce qu'il est enrhumé et ne fait qu'éternuer.

Je deviens l'ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d'amour pour l'humanité en général.
Les Frères Karamazov de Dostoïevski.

Artefact.
Poussière d'étoile
Poussière d'étoile


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Lµnatiqu3 le 03.06.09 19:15



« Mon optique ? Emmerder le monde, vous compris !
Car emmerder le monde est la solution, la panacée contre l'ennui. Enerver, emmerder, exaspérer les hypocrites, les déclassés, les intolérants, les prétentieux sans raison, les voisins, les bourgeois, les radins, les mythomanes, les incurables médiocres, ceux qui s'achètent des grosses voitures à crédit, ceux qui parlent politique, ceux qui traitent les filles de salopes parce qu'ils ne les ont pas sautées, ceux qui critiquent les livres qu'ils n'ont pas lus, ceux qui ne prêchent que pour leur église, ceux qui balancent des billets à la gueule des serveurs, ceux qui n'aiment pas les flics, et j'en passe des meilleurs et des pires. [...] vous trouvez çà puéril ? J'ai mes raisons. J'emmerde le monde parce que je le hais. Je le hais de ne pas être ce que je voudrais qu'il soit. Je suis un idéaliste, je chéris les valeurs obsolètes ; le courage, l'abnégation, la grandeur. »


Hell de Lolita Pille

Lµnatiqu3
Belle Plante
Belle Plante


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Greedy le 03.06.09 19:22

Ce n'est pas mon préféré mais bon.
L'amour, c'est le plus difficile. Ça vous prend, ça vous malmène, ça vous agite. Et puis quand on croit que c'est gagné, qu'on a dans la vie celui qu'on voulait, ça se lasse, ça se fatigue, ça se remplit de doute. Mais c'est que dans ce manège qu'on a l'impression de vivre.
Grâce et dénuement, Alice Ferney.

Greedy
Comité d'Animation
Comité d'Animation


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Invité le 03.06.09 20:59

On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux

( Le Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry)

Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir, parce que la lumière me gêne

( L’Ecume des jours de Boris Vian )

Il en faut du courage pour affronter ses ennemis mais il en faut bien davantage pour affronter ses amis

( Harry Potter à l'Ecole des Sorciers de J.K.Rowling )

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Hope le 12.06.09 19:41

Un ptit extrait de 'Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part' d'Anna Gavalda , que j'aime bien :

"Quand j'arrive à la gare de l'Est , j'espère toujours secrétement qu'il y aura quelqu'un pour m'attendre. C'est con. J'ai beau savoir que ma mère est encore au boulot à cette heure-là et que Marc n'est pas du genre à traverser la banlieue pour porter mon sac , j'ai toujours cet espoir débile."

Hope
Indéracinable
Indéracinable


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Schizo le 12.06.09 19:55

ANTIGONE - Et maintenant, vous allez me faire tuer sans le vouloir. Et c'est cela, être roi !
CRÉON - Oui, c'est cela !
ANTIGONE - Pauvre Créon ! Avec mes ongles cassés et pleins de terre et les bleus que tes gardes m'ont fait aux bras, avec ma peur qui me tord le ventre, moi je suis reine.

De l'Antigone d'Anouilh.

Schizo
Belle Plante
Belle Plante


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Arthemesia le 19.06.09 19:19

Alors les livres que j'ai lu récemment et que j'ai sous la main :
« J'accepte de tout cœur la devise suivante : "le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins" et j'aimerais la voir suivie d'effet plus rapidement et plus systématiquement. Exécutée, elle se résume à ceci, que je crois aussi : "Le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout" ; et quand les hommes y seront prêts, tel sera le genre de gouvernement qu'ils auront. »
Thoreau, La Désobéissance civile.


« Dans l'empire de la honte, gouverné par la rareté organisée, la guerre n'est plus épisodique, elle est permanente. Elle ne constitue pas une pathologie, mais la normalité. Elle n'équivaut pas à une éclipse de la raison. Elle est la raison d'être de l'empire lui-même. »

« La guerre pour la justice sociale planétaire est à venir.
De quoi seront faites les victoires ? les défaites ? Quelle sera l'issue de cet ultime combat ? Personne aujourd'hui ne connaît les réponses.
Une conviction toutefois m'habite.
Tous ces combats à venir feront écho à cet appel de Gracchus Babeuf, le chef de la conspiration des Egaux, porté ensanglanté à l'échafaud le 27 mai 1797 : "Que le combat s'engage sur le fameux chapitre de l'égalité et de la propriété ! Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares ! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d'avoir ce caractère de toute audace d'un côté et de toute lâcheté de l'autre ! [...] »
Jean Ziegler dans L'empire de la honte.

Arthemesia
Ex-membre des comités
Ex-membre des comités


http://what-about-u.blogspot.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Inwee le 22.06.09 8:56

"Ici, la nature était une chose sauvage, effroyable, et pourtant belle. Je regardais avec une crainte mêlée d'admiration le sol sur lequel je marchais pour observer la forme, le matériau et le travail des Puissances. C'était là, cette terre dont on nous a parlé, faite de chaos et de ténèbres. Ici, nul jardin pour l'homme, mais le globe intact. Ni pelouse, ni pâture, ni prairie, ni bois, ni pré, ni terre labourée, ni friche, c'était la surface fraîche et naturelle de la planète terre, telle qu'elle fut faite pour l'éternité des temps afin d'être, croyons nous, la demeure de l'homme. Ainsi la nature l'a conçue et ainsi l'homme en use, s'il le peut. Mais il n'a pas été crée pour lui être associé. C'était une matière vaste et terrifiante (Et non la Terre mère), elle n'était pas faite pour qu'on y marche et pour qu'on y soit enterré. Non, ce serait encore se montrer trop familier que de laisser ses os y reposer. Si c'était une demeure, c'était celle de la nécessité et du destin. On pouvait clairement sentir à cet endroit la présence d'une force qui n'était pas tenue de se montrer bienveillante envers l'homme. C'était un lieu de paganisme et de rites superstitieux destiné à des êtres plus proches des rochers et des bêtes sauvages que nous le sommes...Que sont les myriades d'objets singuliers d'un musée auprès de la surface d'une étoile, auprès de quelque objet dur dans sa gangue ? Je suis là et je regarde avec respect mon corps; cette matière à laquelle je suis lié me semble maintenant tellement étrange. Je ne crains pas les esprits, les fantômes (j'en suis un), comme pourrait le faire mon corps, je crains les corps, je tremble d'en rencontrer. Qu'est ce que ce Titan qui me possède ? Parlons des mystères! Pensons à notre vie dans la nature, dont nous voyons la matière et avec laquelle nous sommes en contact chaque jour! Rocs, arbres, souffle du vent sur nos jours! La terre solide! Le monde réel! Le sens commun! En contact, en contact! Qui sommes nous? Où sommes nous?"

De Thoreau

Inwee
Belle Plante
Belle Plante


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Marlow le 28.06.09 20:39

" Je ne me rapelle jamais sans plaisir le temps où vous m'honoriez de noms plus doux. Souvent même je désire de les mériter de nouveau, et de finir par donner, avec vous, un exemple de constance au monde. Mais de plus grands intêrets nous appellent ; conquérir est notre destin ; il faut le suivre : peut-être au bout de la carrière nous rencontrerons-nous encore. "

Les liaisons dangereuses, Laclos.

Marlow
Vieille branche
Vieille branche


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Antika le 28.06.09 20:59

"Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de mes sentiments. Si les vôtres sont les mêmes qu'au printemps dernier, dites-le-moi tout de suite. Les miens n'ont pas varié, non plus que le rêve que j'avais formé alors. Mais un mot de vous suffira pour m'imposer silence à jamais.
Désireuse de mettre un terme à son anxiété, Elizabeth retrouva enfin assez d'empire sur elle-même pour lui répondre,et sans tarder, bien qu'en phrases entrecoupées, elle lui fit entendre que depuis l'époque à laquelle il faisait allusion, ses sentiments avaient subi un changement assez profond pour qu'elle pût accueillir maintenant avec joie le nouvel ,aveux des siens."

Orgueil et Prejugés de Jane Austen

Antika
Belle Plante
Belle Plante


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Willingness le 20.07.09 3:00

" - Oh, en fait, je ne t'écris pas vraiment, j'écris ce que j'ai envie de faire avec toi..."
Il y'avait des feuilles partout. Autour d'elle, à ses peids, sur le lit. J'en ai pris une au hasard:
pique-niquetk faire la sieste au bord d'une rivière, manger des pêches, descrevettes, des croissants, du riz gluant, nager, danser, m'acheter des chaussures, de la lingerie, du parfum, lire le journal, lécher les vitrines, prendre le métro, surveiller l'heure, te pousser quand tu prends toute la place, étendre le ligne, aller à l'Opéra, à Bayreuth, à Vienne, aux coruses, au supermarché, faire des barbecues, râler quand tu as oublié le charbon, me laver les dents en même temps que toi, t'acheter des calecons, tondre la pelouse, lire le journal par dessus ton épaule, t'empêcher de manger trop de cacahouètes, visiter les caves de la Loire, et celles de la Hunter Valley, faire l'idiote, jacasser, te présenter Martha et Tino, cueillir des mûres, cuisiner, retourner au Vietnam, porter un sari, jardiner, te réveiller encore parce que ton ronfles, aller au zoo, aux puces, à Paris, à Londres, à Melrose, à Picadilly, te chanter des chansons, arrêter de fumer, te demander de me couper les ongles, acheter de la baiselle, des bêtises, des choses qui ne servent à rien, manger des glaces, regardes les gens, te battre auxc échecs, écouter du jazz, du reggae, danser le mambo et le cha-cha-cha, m'ennuyer, faire des caprices, bouder, rire, t'entortiller autour de mon petit doigt, chercher une maison avec vue sur les vaches, remplir d'incédents Caddie, repreindre un plafond, coudre des rideaux, rester des heures à table à discuter avec des gens intéressants, te tenir par la barbichette, te couper les cheveux, enlever les mauvaises herbes, laver la voiure, voir la mer, revoir de vieux nanars, t'appeler encore, te dire des mots crus, apprendre à tricoter, te tricoter uen écharpe, défaire cette horreur, recueillir des chats, deschiens, des perroquets, des éléphants, louer des bicyclettes, ne pas s'en servir, rester dans un hamac, relire les bicot de ma grand-mère, recoir les robes de Suzy, boires des margaritas à l'ombre, tricher, apprendre à me servir d'un fer à repasser, jeter le fer à repasser par la fenêtre, chanter sous la pluie, fuir les touristes, m'enivrer, te dire toute la vérité, me souvenir que toute vérité n'est pas bonne à dire, t'écouter, te donner la main, récupérer mon fer à repasser, écouter les paroles des chansons, mettre le réveil, oubleir nos valises, m'arrêter de courir, descendre les piubelles, te delander si tu m'aimes toujours, discuter avec la vosiine, te racotner mon enfance à Bahrein, les bagues de ma nounou, l'odeur du henné et les boulettes d'ambre, faire les mouilettes, des étiquettes pour les pots de confiture...
Et si ca continuait comme ca pendant dans des pages et des pages. Des pages et des pages... Je te dis là ce sui me passe par la tête, ce dont je me souviens. C'était incroyable."
Je l'aimais de Anna Gavalda

Willingness
Vieille branche
Vieille branche


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Seifenblase le 21.07.09 18:40

"Et qu'est-ce qu'on fait quand l'amour creuse un trou dans le coeur, un trou tellement gros qu'on dirait un trou d'obus, tellement énorme qu'on pourrait voir le ciel au travers ? se demandait Joséphine en allant retrouver Lucas. Qui pourra me dire ce qu'il ressent pour moi ? Je n'ose pas lui dire "je vous aime", j'ai peur que ce ne soit un trop grand mot. Je sais bien que dans mes "je vous aime", il y a un "m'aimez-vous ?", que je n'ose pas prononcer de peur qu'il s'éloigne les mains dans les poches de son duffle-coat. Une femme amoureuse est-elle forcément une femme inquite, douloureuse ?"

"Le malheur, c'est que je ne sais pas être légère en amour. Je voudrais me jeter au cou de celui que j'aime, mais j'ai si peur de l'effrayer que je tends un visage humble pour recevoir son baiser. Je l'aime à la dérobée. Quand il lève les yeux sur moi, quand il attrape mon regard, je me mets à l'unisson de son humeur. Je deviens l'amoureuse qu'il veut que je sois. Je m'enflamme à distance, me contrôle dès qu'il arrive. [...] Vous me croyez souris apeurée mais si vous pouviez poser la main sur l'amour qui bout en moi, vous seriez brûlés au troisième degré. "

"Il était trop doux, j'étais habituée aux méchants, aux durs. La gentillesse, je trouvais ça suspect. Et puis... il est si pur dans son coeur que, quand il me regarde, je me sens lavée. Il a épongé ma misère. L'amour m'a rendue meilleure. "

"Je suis nulle en expression d'amour, mais je t'aime tant que si tu ne m'embrasses plus le matin, je ne peux plus respirer, je ne sais plus mon nom,je perds le goût de la première tartine, le goût de mes recherches, le goût de tout. "

"Les nuages survolent ton coeur, mis ne s'impriment pas. Comme une enfant gâtée à qui on offre un jouet. Elle bat des mains, s'amuse u moment puis le laisse tomber. Pour passer à un autre. Encore plus grand, encore plus beau, encor eplus décevant. Rien ne peut combler le vide de ton coeur. Tu ne sais plus quoi rechercher pour te faire trembler... Il te faut des orages, des ouragans pour que tu éprouves une petite, toute petite émotion. Tu en deviens dangereuse. Prends garde, tu vas te fracasser."

"Ce devrait toujours être comme ça quand on aime. Sans conditions. Sans juger. Sans établir des critères, des préférences. Je n'étais pas assez bien, n'est-ce pas ? Je ne suis toujours pas assez bien. Pas assez, pas assez, pas assez... Cette antienne a bousillé mon enfance, bousillé ma vie de femme et se prépare à saborder mon amour."

"Et le rouleau de vague l'avait écrasée, emportée, renvoyée vers le large, vers une noyade certaine. Depuis, tout était flou. Elle perdait pied. Rien ni personne ne pourrait la sauver. Elle ne pouvait compter que sur elle, que sur ses forces à elle pour reprendre pied. "

"Elle luttait contre les larmes. Pas pleurer, pas pleurer. C'est encore de l'eau salée, encore du naufrage. Ca suffit ! Mais est-ce ma faute si je suis remplie de brouillard, si tout se décompose avant de parvenir jusqu'à moi, si je suis anesthésiée ? Est-ce ma faute si on ne guérit pas d'un coup et s'il faut sans arrêt panser les blessures de l'enfance ? Du Guesclin m'aurait aidée, c'est sûr, mais il faut que j'apprenne à guérir seule. C'est à ce prix qu'on devient vraiment forte".
La valse lente des tortues, Katherine Pancol.
"Pour entourer de soin ceux qu'on aime, il faut savoir prendre sur soi...Mais pourquoi Dieu a-t-il créer les êtres humains de sorte que plus ils s'aiment moins ils arrivent a se contrôler ? Dieu est-il un démon?"

"Tant que l'on garde espoir, il y a toujours un lendemain. Mais la pluie ce jour-là continue encore de tremper mes joues aujourd'hui. Il pleuvait si fort ce jour-là."

"Même si je ne peux rien faire pour toi, j'aimerais comprendre ta solitude. J'aimerais que de nouveau tu serres ma main dans la tienne. "

Nana, Ai Yazawa.

Seifenblase
Comité de Rédaction
Comité de Rédaction


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Luana le 31.07.09 15:29

"Les cachets, le whisky, l'herbe. M'allonger. Je sais ce que je fais. Ne penser qu'à la méthode.
Ne penser qu'aux gestes. Ne penser qu'à moi, ici, dans ce salon, à la bouteille, aux cachets. Juste moi. Le bouchon. Le tube. Ouvrir la bouche, poser les cachets sur ma langue, porter la bouteille à mes lèvres. Avaler. Penser à la méthode. Rien d'autre.
Pas à papa, pas à maman. Surtout pas. A mon humiliation. Tout seul, ici. Moi et mon humiliation. Je sais ce que je fais.
Papa et maman comprendront. Peut-être. Je me fous de ce wu'ils comprennent !
Non.. Ne pas y penser. Ne penser à personne.
Aujourd'hui, c'est moi qui décide ! Je ne veux plus de cette vie. Elle est une torture, une insulte. C'est moi qui décide.
Et je décide de la rejeter. Je suis maître de la situation !
Et si le courage me manque, si je suis tenté de me lever, de tout arrêter, je penserai à elle. A elle qui est la vie qui m'a repoussé. Pas aux autres, pas ceux qui m'aiment, mais à elle qui ne m'aime pas, ne veut pas m'aimer. Ne veut même pas essayer.
Sa peau satinée, ses yeux verts, son sourire.
Son sourire !
Il est une caresse que sa beauté offre à ceux qui l'approchent. Il est devenu une douleur.
Non tout en elle m'a perdu, m'a entraîné dans cet abîme.
L'abîme de la mort contre le vide de ma vie. Quelle différence ?"

J'aurais préféré vivre
Cohen

Luana
Racine
Racine


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Sunsh le 11.12.09 11:43

(Arthemesia, je ne peux que te plusser lorsque tu cites Thoreau !)

Sunsh
Administratrice
Administratrice


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par effet-ralgan le 28.02.10 4:50

C'est pas vraiment un extrait préféré, juste un extrait qui résonne dans ma tête.
Extrait du livre Suicide par Edouard Levé:

" Tu as écrit un recueil de tercets, brefs et condensés comme ta vie. Tu n'en parlas à personne. Ta femme les découvrit après ta mort dans le tiroir de ton bureau:
[...]
Le jour m'éblouit, Le soir m'apaise, La nuit m'enveloppe.
Dominer m'oppresse, Subir m'asservit, Etre seul me libère.
La chaleur me gêne, La pluie m'enferme, Le froid m'éveille.
Le tabac m'irrite, L'alcool m'endort, La drogue m'isole.
Le mal me surprend, L'oubli me manque, Le rire me sauve.
L'envie me porte, Le plaisir me déçoit, Le désir me reprend.
[...]
L'équilibre me tient, La chute me révèle, Le rétablissement me coûte.
[...]
Le temps me manque, L'espace me suffit, Le vide m'attire.
[...]
Le bord me tente, Le trou m'aspire, Le fond m'effraie.
Le vrai m'émeut, L'incertain me gêne, Le faux me fascine.
Le bavardage m'égare, La polémique m'enflamme, Le silence me rachète.
L'obstacle m'élève, L'échec m'endurcit, Le succès m'adoucit.
[...]
L'offense me surprend, La répartie me tarde, L'affection me rédime.
[...]
Le sermon m'irrite, L'exemple me persuade, L'acte me prouve.
Nettoyer m'ennuie, Ranger m'apaise, Jeter me délivre.
[...]
Savoir me grandit, Ignorer me nuit, Oublier me libère.
Perdre m'énerve, Gagner m'indiffère, Jouer me déçoit.
Nier me tente, Affirmer m'exalte, Suggérer me contente.
[...]
Dire m'engage, Ecouter m'apprend, Taire me tempère.
Naître m'advient, Vivre m'occupe, Mourir m'achève.
Monter m'est difficile, Descendre m'est facile, Stationner m'est inutile.
[...]
La menace me trompe, L'angoisse me meut, La peur m'exalte.
[...]
La fatigue me calme, La lassitude me décourage, L'épuisement m'arrête.
Construire m'obsède, Conserver m'apaise, Détruire m'allège.
[...]
Le groupe m'oppresse, La solitude me tient, La folie me guette.
Plaire me plaît, Déplaire me déplaît, Indifférer m'indiffère.
L'âge me gagne, La jeunesse me quitte, La mémoire me reste.
Le bonheur me précède, La tristesse me suit, La mort m'attend.

effet-ralgan
Ex-membre des comités
Ex-membre des comités


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Invité le 28.02.10 10:36

Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j'ai pleuré. La légende raconte que tout ce qui tombe dans les eaux de cette rivière, les feuilles, les insectes, les plumes des oiseaux, tout se transforme en pierres de son lit.

Ah ! que ne donnerais-je pas pour pouvoir arracher mon cœur de ma poitrine et le jeter dans le courant… Il n'y aurait alors plus de douleur, plus de regret, plus de souvenirs.

Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j'ai pleuré. Le froid de l'hiver a fait que j'ai senti les larmes sur mon visage, et elles se sont mêlées aux eaux glaciales qui coulent devant moi.

Quelque part, cette rivière rejoint une autre, puis une autre, jusqu'au moment où, bien loin de mes yeux et de mon cœur, toutes ces eaux se confondent avec la mer.

Que mes larmes coulent ainsi très loin, afin que mon amour ne sache jamais qu'un jour j'ai pleuré pour lui.

Sur le Bord De La Rivière Piedra, Je Me Suis Assise & J'ai Pleuré de Paulo Coelho

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Jean le 28.02.10 14:35

""Quoi ? tu pleures !" Elle étouffait, elle sanglotait si fort, que le matelas, en était secoué.
"Voyons, qu'est-ce que tu as ? Je ne t'ai rien dit...
Ma chérie, voyons !" À mesure qu'il parlait, il devinait à présent la cause de ce gros chagrin. Certes, un jour comme celui-là, il aurait dû se coucher en même temps qu'elle ; mais il était bien innocent, il n'avait pas seulement songé à ces histoires. Elle le connaissait, il devenait une vraie brute, quand il était au travail. "Voyons, ma chérie, nous ne sommes pas d'hier ensemble... Oui, tu avais arrangé ça, dans ta petite tête.

Tu voulais être la mariée, hein ?... Voyons, ne pleure plus, tu sais bien que je ne suis pas méchant." Il l'avait prise, elle s'abandonna. Alors ils eurent beau s'étreindre, la passion était morte. Ils le comprirent, quand ils se lâchèrent et qu'ils se retrouvèrent étendus côte à côte, étrangers désormais, avec cette sensation d'un obstacle entre eux, d'un autre corps, dont le froid les avait déjà effleurés, certains jours, dès le début ardent de leur liaison.

Jamais plus, maintenant, ils ne se pénétreraient. Il y avait là quelque chose d'irréparable, une cassure, un vide qui s'était produit. L'épouse diminuait l'amante, cette formalité du mariage semblait avoir tué l'amour.
"

Zola, L'Oeuvre.
Je trouve juste ce passage merveilleux, et terriblement triste.

Jean
Ex-membre des comités
Ex-membre des comités


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Funky_Jam le 13.04.10 19:42

///


Dernière édition par Funky_Jam le 21.05.11 23:26, édité 1 fois

Funky_Jam
Atome
Atome


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Diabolo le 03.01.11 21:33

Dans La Nausée de Sartre, rien de très joyeux:

Je pense, donc j'existe. J'existe parce que je pense. Je pense que je ne veux plus penser, mais c'est encore une pensée. En ce moment meme - c'est affreux- si j'existe, c'est parce que j'ai horreur d'exister. C'est moi, c'est moi qui me tire du néant auquel j'aspire: la haine, le dégout d'exister, ce sont autant de manière de me faire exister, de m'enfoncer dans l'existance.

Et dans Les Villes invisibles d'Italo Calvino:

L'enfer des vivants n'est pas chose à venir; s'il y en a un c'est celui qui est déjà là, l'enfer que nous habitons tous les jours, que nous formons d'être ensemble. Il y a deux façons de ne pas en souffrir. La première réussit aisément à la plupart, accepter l'enfer, en devenir une part au point de ne plus le voir. La deuxième est risquée et demande une attention, un apprentissage, continuels: chercher et savoir reconnaître qui et quoi, au milieu de l'enfer, n'est pas l'enfer, et le faire durer, et lui faire de la place
:l:

Diabolo
Belle Plante
Belle Plante


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Guarana le 19.01.11 13:45

@Diabolo a écrit:Dans La Nausée de Sartre, rien de très joyeux:

Je pense, donc j'existe. J'existe parce que je pense. Je pense que je ne veux plus penser, mais c'est encore une pensée. En ce moment meme - c'est affreux- si j'existe, c'est parce que j'ai horreur d'exister. C'est moi, c'est moi qui me tire du néant auquel j'aspire: la haine, le dégout d'exister, ce sont autant de manière de me faire exister, de m'enfoncer dans l'existance.

Super extrait, ouai ! D'ailleurs du même roman :

"Je repars . Le vent m'apporte le cri d'une sirène. Je suis tout seul, mais je marche comme une troupe qui descend sur une ville. Il y a, en cet instant, des navires qui résonnent de musique sur la mer; des lumières s'allument dans toutes les villes d'Europe ; des communistes et des nazis font le coup de feu dans les rues de Berlin, des chômeurs battent le pavé de New-York, des femmes, devant leurs coiffeuses, dans une chambre chaude, se mettent du rimmel sur les cils. Et moi je suis là, dans cette rue déserte, et chaque coups de feu qui part d'une fenêtre de Neukölln, chaque hoquet sanglant des blessés qu'on emporte, chaque geste précis et menu des femmes qui se parent répond à chacun de mes pas, à chaque battement de mon cœur ."

Guarana
Racine
Racine


http://charlynezub.e-monsite.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par L U L A le 06.09.11 21:27

c'est beau tous ces mots =)...

Voyager ne rend pas moins con. Il est toujours dangereux de catégoriser nos semblables, que ce soit par nationalité,ethnie ou par mode de vie. De nos jours, parmi les jeunes gens qui voyagent de par le monde, on retrouve une proportion d'incultes, d'intolérants, de fermés d'esprit tout à fait raisonnable et conforme à la moyenne générale. Qu'on se le dise, l'envie d'ailleurs n'est pas un privilège réservé aux plus parfaits d'entre nous, ceux à la recherche de nouveauté, d'échanges interculturels, de partage. Elle s'empare également très souvent du fainéant [...], du roublard qui préfère dépenser ses Assedic dans un pays où la nuit d'hôtel est à deux euros - et la fille de joie à deux de plus -, de l'asocial qui espère bien trouver ailleurs des amis enfin aptes à comprendre son humour décalé.
Backpacker Australia - Gildas Quellien

L U L A
Atome
Atome


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Willingness le 13.02.12 16:49

Tous les matins du monde sont sans retour.

Tous les matins du monde - Pascal Quignard

Willingness
Vieille branche
Vieille branche


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Quinn le 13.02.12 20:07

Je n'ai pas vraiment d'extraits preferés mais quand je lis des livres je prend souvent note de quelques passages que j'aime bien. Je vous en met quelques uns du livre qui se trouve à côté de moi, Les yeux jaunes de crocodiles de Katherine Pancol:

"Cet homme, Jo, est un homme lamentable mais si séduisant. C'est ma part sombre. Et physiquement... Loin de lui, je resiste mais quand il est là, il peut faire n'importe quoi de moi."

"-Qu'avez vous été capable de faire par amour?
-Tout, quand on est amoureux 90% du cerveau ne fonctionne pas"

"J'ai compris que le bonheur, ce n'est pas de vivre une petite vie sans embrouilles, sans faire d'erreurs ni bouger. Le bonheur, c'est d'accepter la lutte, l'effort, le doute et d'avancer, d'avancer en franchissant chaque obstacle."

"-T'as raison Zoé, ta maman est formidable.
-Alors pourquoi tu es parti?
Elle s'était arrêtée, avait relevé un bord de son chapeau et le regardait avec sérieux.
-Ca, c'est un problème de grande personne. Quand on est petit, on croit que la vie est simple, logique et quand on grandit, on s'apperçoit que c'est plus compliqué... j'aime infinement ta maman mais...
[...]
-Ce doit être compliqué si même toi tu sais pas...Moi, je voudrais jamais evenir une grande personne! C'est que des embêtements. Peut être que je peux grandir et pas devenir une grande personne..."

"Le beau, le célébre Gabor Minar fut mon amant et je l'aime encore. "Rester toujours fidèle à un ancien amour, c'est parfois le secret de toute une vie.""

Quinn
Vieille branche
Vieille branche


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Thunder le 13.02.12 23:43

Un magnifique passage des Raisins de la colère (Steinbeck) qui à mon avis résume le livre à la perfection :

"Comment faire peur à un homme quand son ventre crie famine, quand la faim tord les entrailles de ses petits ? Rien ne peut plus lui faire peur - il a connu la pire des peurs."

Thunder
Racine
Racine


Revenir en haut Aller en bas

Re: Tes extraits de livres préférés

Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 12:35


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum